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UN PEU D'HISTOIRE

Population : 1450 habitants (les tanneronnais)
Altitude : 360 m                 Peygros : 410 m
Superficie : 5278 ha
22 hameaux éparpillés
Canton de Fayence, cinquième circonscription
Situation géographique et plan du village ici

 

Il y a longtemps - Histoire locale - Tanneron au siècle dernier - La tour carrée de St Cassien des bois
La chapelle de St Cassien-des-bois - Le moulin à farine - La Verrerie - La mine de Font Sante - La gare - L'église
Le barrage - Le mimosa - Photos anciennes

 

Il y a longtemps…

Les habitants de cette contrée étaient des nomades voyageant selon les saisons. Au VIe  siècle avant J-C, de nombreuses tribus s’étaient constituées mais furent soumises par les légions romaines. Le grand changement a été la sédentarisation et la paix romaine leur assurait une parfaite sécurité jusqu’à la fin du Ve siècle de notre ère.

La christianisation remplace la civilisation romaine et, dans la région on note la présence de communautés religieuses autour de Callian. Tanneron était depuis l’origine une seigneurie appartenant à la famille des « Grasse », à la branche des Grasse-Cabris, et faisait partie de l’immense territoire de Callian. C’est en épousant Hermangarde (fille de Guillaume Gruette) qu’Hugues de Marseille devient « princeps » (c’est-à-dire premier seigneur de la région).

Il prit le nom du domaine qui faisait la liaison entre ses biens et ceux de son épouse et se fit appeler Hugues de Callian. La communauté de Callian, au Haut Moyen-Age, s’étendait dans tout le territoire de la Colle-Narbonne (Montauroux) y compris le Tanneron.
Après le départ des bandes sarrasines et trois siècles d’anarchie, un mouvement de reprise économique se manifeste en Provence à la fin du Xe siècle et la féodalité s’installe petit à petit.

L’Esterel resté sauvage, servait de refuge aux brigands et pillards grâce au maquis et aux nombreuses grottes du massif. La Provence et l’Europe furent touchées au milieu du XIVe siècle par la « grande peste ». Au début du siècle suivant, le comté ordonne la construction de murailles et de forteresses dans chaque village afin de se préserver des épidémies et de défendre les populations.
En raison de l’appauvrissement, des villages entiers de la région de Grasse et de Draguignan sont repeuplés d’habitants de la Ligurie (Italie).

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Histoire locale

La seigneurie de Tanneron est toujours fief de la famille des « Grasse » au XVIe siècle et les guerres de religion secouent le pays des Siagnes.

Le massif du Tanneron était à cette époque, couvert d’une magnifique pinède. Certains arbres atteignaient 30 mètres de hauteur et 7 mètres de circonférence.
De ce fait, de nombreuses verreries voient le jour, les forêts alentours contribuant à alimenter leurs fours.
Les fours deviennent itinérants suivant les coupes de bois réglementées par la Marine Royale, forte consommatrice de bois de charpente pour ses navires. Tout cela non sans graves dommages pour ces forêts.
Mais c’est à la fin du XVIIIe siècle qu’un violent incendie ravage la majeure partie des forêts de Tanneron, et que le mimosa, importé d’Australie, commence à recouvrir le massif.

Lors de la Révolution, on pille et on brûle quelques châteaux, l’Esterel devient alors un centre de brigandage. La Provence est morcelée en plusieurs circonscriptions territoriales et Callian et Montauroux forment un canton, Mons, Seillans, Tourrettes forment celui de Fayence.
Les conditions de vie s’améliorent et la population augmente, s’entassant surtout sur les villages perchés. Tanneron se détache de définitivement de Callian en 1835.

En 1886, il existe 3 mines de houille à Callian, Montauroux et Tanneron. De nouvelles cultures spéculatives liées aux parfumeries grassoises apparaissent aussi. Quelques années plus tard est inaugurée la gare ferroviaire du « Central Var ».
L’agriculture est peu développée et le pays produit l’olivier, le figuier, le blé , le châtaignier mais surtout le fraisier et le griottier. L’industrie est représentée par le moulin à farine à St Cassien-des-Bois, par la charbonnière, quelques scieries et une mine d’anthracite.

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Tanneron au siècle dernier

Les Tanneronais ne sont plus que 600 en 1905 pour voir l’électricité dans leur commune. En 1962, l’EDF commence l’énorme chantier du  barrage de St Cassien. C’est ainsi que Tanneron devient propriétaire d’un lac (la limite court au milieu du lac) et voit alors de nouvelles possibilités touristiques. Dès 1985, les réalisations se multiplient et encouragent une démographie galopante.

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La tour carrée de St Cassien-des-bois

Cette tour quadrangulaire est bâtie où était autrefois le « Castrum Tanaroni ». Ses parties les plus anciennes remontent à l’extrême du XIIe siècle. Cet ancien château fortifié a servi d’hospice et d’étape aux voyageurs et aux pèlerins. Il y avait certainement à cet endroit un octroi, une sorte de péage, un droit de passage. Le Castrum Tanaroni est cité dès 1200, son étymologie possible viendrait de « tan » (écorce de chêne et châtaignier) ou de la racine pré européenne « tan » (la montagne).

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La chapelle de St Cassien-des-bois

Au début du Xe siècle, l’habitat rural se regroupe autour du château ou de  l’église, ce mouvement s’appelle « l’incastellemento ».
La Villa-Narbonne et ses églises, dont celle de St Cassien  appartiennent alors à l’Abbé Mayeul.
A cet endroit, au Xe siècle est peut-être édifiée une forteresse hospice. Ce passage est fermement gardé car étant à la limite du fief d’Antibes. Un péage est instauré, source de revenus pour l’Abbaye de Lérins qui depuis 1030 détenait la majorité des chapelles sur la Colle –Narbonne et ses alentours. La chapelle était alors régie par un religieux ermite qui se chargeait de la ferme et du prieuré attenant. Cette chapelle fut sûrement détruite et rebâtie au XVe siècle d’après l’architecture actuelle. En 1340, on ne compte qu’un prieur et un moine pour tout le domaine qui comprend la paroisse de Callian, la seigneurie de la Colle-Narbonne, St Julien et St Cassien.
Le XVe siècle voit se développer les guerres de religions. En 1625, l’hospice de St Cassien accueille toujours les pèlerins et voyageurs. Tanneron est encore une hameau de Callian.
Il n’y avait pas d’église à Tanneron au XVIIIe siècle, seule existait cette petite chapelle, mais délabrée et à l’abandon !
Tanneron se détache de Callian et devient la 8e commune du canton de Fayence en 1835. L’église de Peygros, placée sous le vocable de Notre-Dame est construite.
Monsieur Lions, prêtre recteur de Tanneron, dans une lettre datant de 1843, précise que « l’église à été érigée en succursale en 1839 et que la population est de 809 âmes. Il se trouve dans sa paroisse une chapelle rurale dont le vocable est St Cassien ».
En 1905, lors de la séparation de l’église et de l’état, la chapelle devient bien de la commune.
La chapelle fut restaurée en 1970.

Chapelle de St Cassien

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Le moulin à farine

Il prouve l’animation qui pouvait régner à l’époque où les moulins étaient la vie des villages. Les meules sont mues par l’homme, puis se sont les roues des « moulins à sang » qui tournent pour écraser les céréales. L’hydraulique vint bien après. La diffusion des moulins à eau dans les campagnes a été une véritable évolution. La principale culture était le blé mais en Provence, les moulins furent modifiés pour pouvoir écraser les olives. On appelle « la triade méditerranéenne » le système de culture associant blé, vigne et olivier. Ce moulin inactif depuis longtemps a été réutilisé en scierie à une époque où les troncs de bois flottaient encore sur la Siagne pour leur acheminement.

Moulin à farine

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La verrerie


Recherches historiques en cours

Château de la Verrerie

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La mine de Font Sante

Accès
L’ancienne mine de Font Sante est située sur la bordure méridionale du massif du Tanneron. On y accède par la sortie 37 de l’autoroute A8, en prenant la RD37 qui monte vers les Adrets, puis par une petite route goudronnée de 2,3 km. C’est aujourd’hui une friche industrielle abandonnée par le dernier exploitant la Sogerem.

Découverte de la mine
Sous l’action de la chaleur, la fluorite décrépite, laissant une poudre blanche. C’est à cette propriété que l’on doit, à la suite d’un incendie, la découverte du gisement vers le milieu du XIXe siècle.

Utilisation de la fluorite
La fluorite (ou spath fluor CaF2) est une fondant dans la production des verres ou céramiques, c’est-à-dire qu’elle abaisse la température de fusion du mélange des constituants de ces produits. La couleur de ce minéral est variable : pur il est incolore et transparent, mais il peut aussi être blanc, jaune, rouge, vert ou bleu.

La mine
La concession de Font Sante porte sur 1230ha. C’est un champs de 20 filons parallèles allongés Est-Ouest. Les principaux filons s’étendent sur 2500 m du Sud au Nord et s’allongent sur 800 m d’Ouest en Est. La profondeur verticale maximum reconnue est de 260 m.

L’exploitation artisanale
Dans un premier temps, le minerai était acheminé à dos d’âne vers les verreries de la Bocca et St Paul-en-Forêt ou jusqu’au port de St Raphaël pour être expédié dans diverses manufactures européennes. En 1919, Calvet transmet ses droits et concessions au « Syndicat des Fluorines de l’Esterel » auquel succède en 1925 la « Société des Carrières et des Mines de l’Estérel ». Celle-ci est absorbée en 1937 par la « Société d’Entreprises Générales et Industrielles » qui dès 1938 prend la dénomination de « Société d’Entreprises, Carrières et Mines de l’Estérel » (SECME). Elle sera acquise en 1942 par Péchiney. La concession de Font Sante a été instituée le 25 juillet 1963.
Pendant cette période, le minerai est exploité dans la partie centrale du gîte par des galeries horizontales percées à flanc de coteau. Un réseau de pistes tracées à l’intérieur de la concession permet d’accéder aux divers filons. Seule la fluorite la plus pure était extraite.
Le roulage s’effectuait uniquement par herschage (petits wagonnets sur rail). Le minerai était trié à la main, puis concassé, lavé et classé au moyen de tables à secousses dans une petite laverie. Cette dernière était alimentée par un barrage en amont au Nord du site, d’une capacité de 12 000 m3. Le minerai était transporté à raison de 15 tonnes/heures par un câble aérien de 1525m de long jusqu’au quartier de la Baisse (aux Adrets) ou subsiste la trémie de chargement. De là, le minerai enrichi était acheminé par camions jusqu’à St Raphaël d’où il était exporté en grande partie vers les Etas-Unis.
Plus de 125 000 tonnes de minerai tout-venant furent extraites. La période d’occupation allemande se traduit par une forte baisse de la production.
En 1945, un programme de réorganisation et de recherches est élaboré pour reconnaître de nouveaux filons. Ces travaux seront conduits avec un souci d’autofinancement et se poursuivront pendant 25 ans, période durant laquelle la production sera limitée à 500 tonnes par mois. Ces travaux prendront fin en 1969. A cette date, 350 000 tonnes de spath fluor ont été extraites avec un effectif de 25 personnes.

Exploitation industrielle
Dès juillet 1970, la SECME entreprend la pleine exploitation du gisement. D’importants travaux sont réalisés. Divers filons sont exploités : St Bathélémy, St Augustin, Blanc, Rouge, Ste Barbe, Clet, Sud 3, X, Figuier… Fin 1986, l’épuisement de leurs réserves conduira à l’arrêt définitif de l’extraction qui intervient précisément en février 1987.

Mine de Font Sante

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La gare

Au terme de plus de vingt ans de discussion, la ligne de chemin de fer Draguignan-Grasse a été déclarée d'utilité publique le 4 août 1882. La section Montauroux-Grasse fut ouverte à l'exploitation le 8 novembre 1890.
Cette première ligne de Grasse à Meyrargue par Draguignan faisait plus de 150 km.
En septembre 1939 la mobilisation est décrétée. Pendant la guerre les sabotages se multiplient et entre Draguignan et Siagne la voie est interrompue en dix points.
Le 24 août 1944, un commando allemand déclenche les charges explosives mises en place et c'est ainsi que s'effondrent deux travées métalliques du viaduc de la Siagne, une troisième restant suspendue dans le vide.
Dès le mois de septembre 1944, les trains circulent vers l'Est jusqu'à la gare de Tanneron, point extrême avant la "coupure" de la Siagne.
La station devient "terminus" par la force des choses et la ligne est définitivement fermée le 2 janvier 1950. Aujourd'hui la Halte au bord de la route est une propriété privée.

Gare de Tanneron

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L'église Notre-Dame de Peygros

Tanneron se sépare de la commune mère de Callian et fut érigée en commune. Elle fut aussi érigée en paroisse. Jusqu'alors le service religieux se faisait dans une petite chapelle Notre-Dame de Peygros. C'était le curé des Adrets qui assurait le service paroissial et c'est sous sa direction qu'en 1839, on agrandit la petite chapelle pour en faire l'église actuelle, qui fut alors dédiée à Saint-Antoine de Padoue.
La population participa à sa construction, d'abord par une souscription volontaire, puis par des fournitures de matériaux, amenés par des charrettes et même à bras! On raconte que le dimanche, les fidèles qui venaient à la messe apportaient chacun leur pierre, même les enfants du catéchisme se chargeaient d'une pierre pour l'église.
Ces travaux s'échelonnèrent de 1839 à 1844. En 1897, la façade faisait l'objet d'une importante réparation.
L'église est située au sommet d'une colline d'où la vue s'étend assez loin à la ronde. Le chevet a une abside semi-circulaire et la façade est accôtée par un clocher carré muni de deux cloches, qui furent acquises aux frais des habitants.

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Le barrage de Saint-Cassien

En 1962, l'EDF commence l'énorme chantier du barrage de St Cassien à la suite, 3 ans plus tôt, de la rupture du barrage de Malpasset (à Fréjus). Cette construction sur le Biançon, avec ses 66 mètres de haut et ses 210 mètres de long, retient 60 millions de m3 d'eau. Sa puissance est de 20 mW et sa production de 44 millions de kW/h vient s'ajouter aux 46 millions de kW/h de la Siagne. C'est ainsi que Tanneron devient propriétaire d'un lac (la limte court au milieu du lac) et voit alors de nouvelles possibilités touristiques.

Barrage

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Le mimosa

Il tire son nom du latin "mimus" (qui se contracte comme un mime"). C'est une légumineuse qui appartient à la famille des acacias. Le mimosa est arrivé pour la première fois en France, au milieu du XIXe siècle, importé par des horticulteurs cannois. Ces derniers l'avaient découvert en Australie, pays endémique du mimosa, qui en possède quelques 700 espèces.
Alchimistes jonglant avec greffes et semis, ils ont fait une selection des espèces les mieux adaptées à notre climat et à nos sols. C'est ainsi que ce sont developpés les acacias rétinoïdes (mimosas 4 saisons), les divers dealbata ou howitii qui se plaisent aujourd'hui sur le littoral méditerranéen. On en dénombre près de 180 variétes.
Il fleurit de décembre à mars, sauf le "4 saisons" qui fleurit plusieurs fois dans l'année.
L'essentiel de la production varoise vient de notre village, Tanneron, terre de mimosa, où l'économie de la communale reste liée à ses 300 hectares de plantations. Des milliers de tonnes de fleurs coupées sont expédiées chaque année en France et dans le monde. La floraison se fait par la technique de "forçage": après avoir été coupées prématurément, les fleurs sont enfermées pendant 2 à 3 jours dans l'obscurité d'une pièce très humide à une température de 25°C.
Le mimosa, fleur d'hiver azuréen, illumine nos collines en hiver. Mais au-delà de cette vocation ornementale, le mimosa devient un véritable produit touristique. Des milliers de visiteurs viennent découvrir ces lieux magiques.
Il est commercialisé sous plusieurs formes : feuillage, fleurs coupées, produit de base pour la parfumerie grassoise, cosmétologie, restauration. De nombreuses familles vivent de cette culture. Celle-ci génère également de nombreux emplois. L'activité devient très importante de décembre à mars. Durant cette période, de nombreuses professions en bénéficient : commerce, artisanat et bien sûr l'agriculture.
Grâce au mimosa, la commune de Tanneron reste toujours belle et attrayante.

 

Photos anciennes

Photos anciennes


Recherches historiques Johanna LUZI
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